AYLINE OLUKMAN expose du 27 février au 14 mars 2010
Bertrand Gillig propose pour la troisième fois en cinq ans à Ayline Olukman, bientôt 29 ans, d’exposer sur ses murs.
Exposition ouverte les samedis et dimanches de 15 à 19H et en semaine sur Rdv.
Lecture le samedi 13 mars à 20h30 de la pièce "Art" d’après l’oeuvre de Yasmina REZA par les Comédiens du Rhin (Mise en scène Catherine Besançon) avec un accompagnement musical original à la Harpe de Pauline Haas.
Nombre de place limité : réservation par mail à info@espaceg.com
- Descriptif
- Images
Il y a en Ayline Olukman, un appel permanent au voyage, une envie irrésistible d’ailleurs, de découvertes, de se confronter à d’autres lieux, d’autres gens, de se frotter aux clichés véhiculés par tel ou tel pays, telle ville, et de les comparer sur place à sa propre représentation, à celle précédant le voyage, à ces archétypes usuels qu’on déroule habituellement sur le papier glacé des catalogues ou des guides. En elle, s’épanouie et subsiste le rêve, un rêve initial, une vision préalable, un sentiment de grandeur à vivre, à exercer. Un espoir et un besoin de liberté, assurément. Alors, elle prend la route, la taille, littéralement. Seule.
« J’aime l’idée du mouvement, du déplacement, l’état d’esprit dans lequel l’on se trouve lors du voyage, la prédisposition à absorber tout ce qui nous entoure, les rencontres que l’on s’apprête à vivre », nous dit-elle, la prunelle brillante. L’espace de quelques semaines, de quelques mois, elle vit dans un trip bien à elle, celui de la route, un Road-Trip tel qu’elle le qualifie, une virée presque initiatique. Une démarche, un travail lors duquel elle emmagasine et se crée un répertoire d’images très proche du journal intime et dont on peut aussi penser qu’il s’agit là d’un exercice où elle se mesure à elle-même et à ses propres convictions. Parfois, elle avoue qu’elle se joue un film, qu’elle joue dans un film. « La route m’appartient, et cela me plaît ! ». En particulier aux Etats-Unis qu’elle a parcourus de long en large et en travers, lors de trois voyages en 2009, ayant vécu jusqu’à trois mois d’affilée à San Francisco, où elle prit même un atelier. Un peu comme si elle tournait et jouait son propre rôle dans un pseudo-remake de Lost-Highway ou de Mulholland Drive en VO toute personnelle, avec bande-son qui défile entre les oreilles, musique qui ne cesse de l’accompagner au quotidien, tout comme ces bribes de films cultes qui ne quittent jamais tout à fait son esprit. On retrouve d’ailleurs un peu de cet univers du cinéaste David Lynch dans ses œuvres, des couleurs saturées sur lesquelles aurait été passé un vernis de façon à rendre la pellicule usagée, des lieux improbables, à la marge, des zones d’entrepôts, des à-côtés, des bas-fonds, l’envers du décor trop glamour.
Elle ne cherche pas à montrer l’évidence, ses photos sont souvent neutres, voire austères, car elles captent des scènes dont elle seule connaît la réelle signification. Celles-ci correspondent à des moments précis du voyage, parce qu’à l’instant où elle a pris la photo, elle écoutait tel morceau de musique particulier, et pas un autre, et qu’il avait probablement toute son importance. Elle éprouve ce besoin de voir par elle-même, de s’imprégner de ces atmosphères, de vivre le lieu dans son intégralité afin de se forger son idée propre, et donc d’appréhender les décalages entre son rêve initial et la réalité à laquelle elle se retrouve confrontée. On s’aperçoit rapidement qu’elle entreprend un exercice qui consiste à contourner l’image bien proprette de la carte postale, et de regarder au verso. « Lors de mes voyages, je parcours les villes en m’intéressant principalement aux zones urbaines dites en "retrait", les quartiers semi-industriels ou en désolation. », livre-t-elle. L’abandon a toujours été l’un de ses sujets de prédilection, qu’il soit question de lieux comme dans la série de 2009 Elysian Fields Route 66, ou à ses débuts, tandis qu’elle récupérait de vieilles photos qu’elle chinait, pour les « dépoussiérer » et les retraiter, leur offrant dans ses toiles une seconde vie.
Ayline Olukman, issue des Arts Décoratifs de Strasbourg, est présente désormais dans une dizaine de galeries en France ou à l’étranger, elle présentera ses toutes dernières œuvres à la Galerie Espace G.




































